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Soutenance
Le 28/02/2017 - 11H00 - Amphithéâtre 8 - FST
"Evaluation probabiliste de l'efficacité des barrières humaines prises dans leur contexte organisationnel "
(Thèse Antonello DE GALIZIA)

Résumé :
L'analyse des risques recours souvent à la modélisation de systèmes complexes pour produire une évaluation crédible de leurs risques. Aujourd’hui, cette complexité est liée non seulement au nombre de composants et à leurs interdépendances, mais aussi à l’intégration de l’homme et de l’organisation impliquant le plus souvent une modélisation à dires d’experts. Cette déclinaison supplémentaire de l’interaction conduit à une complexité plus conséquente encore qui se combine à des propriétés émergentes des systèmes sociotechniques telles que la résilience.


Dans ce contexte, des travaux de recherche ont été menés dans le cadre d’une collaboration pérenne entre le Centre de Recherche en Automatique de Nancy (CRAN) et le Département Management des Risques Industriels (MRI) d’Electricité de France (EDF) R&D. Ces travaux ont abouti au développement d’une méthodologie, dite Analyse Intégrée des Risques (AiDR) (Léger, 2009) (Fallet, 2013) mise en œuvre dans le domaine de la chimie (stockage), de la radioprotection et la production d’électricité. C’est une approche d’analyse de risques qui traite des systèmes techniques complexes pris dans leur environnement physique et réglementaire et dont les composants techniques sont soumis à des actions de maintenance et/ou de conduite pour lesquelles l’efficacité est évaluée en fonction de leurs contextes organisationnel et environnemental.


Les travaux menés dans cette nouvelle thèse CIFRE entre le CRAN et l’EDF, s’inscrivent en continuité des travaux des thèses précédentes (Léger, 2009) et (Fallet, 2013) en proposant une évolution du modèle de barrière humaine prise dans son contexte organisationnel. Cette évolution a pour objectif, sans remettre en cause le choix de l’outil RBs pour la modélisation, de répondre au besoin actuel d’EDF qui est de passer d’une hiérarchisation relative des actions humaines entre elles (et de leurs caractéristiques) à une évaluation de la probabilité de l’efficacité d’une barrière humaine qui, intégrée au modèle global du système sociotechnique, permettra d’atteindre les probabilités des enjeux d’intérêt retenus pour le système : sûreté, disponibilité, maintien du patrimoine dans la durée.

Pour faire évoluer le modèle de l’AiDR, la considération conjointe des influences pathogènes et résilientes requiert de s’attaquer simultanément à des verrous scientifiques plutôt génériques (par exemple, la considération de la résilience dans une analyse de risque), d’autres, directement déduits du contexte applicatif particulier (AiDR) et enfin à des verrous scientifiques associés à l’outil de modélisation retenu.

Par rapport à cette évolution nécessaire de l'AiDR, nos contributions scientifiques portent plus spécifiquement sur les trois axes suivants :

Le renforcement de la robustesse du modèle de barrière humaine prise dans son contexte organisationnel. Il s’agit d’améliorer la caractérisation de l’action au niveau du collectif de travail par « fertilisation » croisée avec les méthodes d’Evaluation Probabiliste de la Fiabilité Humaine (EPFH) qui fournissent des facteurs de forme appelés performance shaping factors (PSF) ;

L’intégration de la résilience dans l’AiDR. Nous proposons une formalisation du concept de mécanisme résilient par sa caractérisation qualitative et quantitative dans un cadre de modélisation de relations causals pour contrebalancer les mécanismes pathogènes jusqu’ici considérés et aboutir à une vision moins conservative de l’efficacité d’une action humaine ;

Un traitement des avis d’experts cohérent avec la structure mathématique du modèle retenu. Ce traitement permet d’instancier le modèle de l’AiDR sur une action spécifique par la construction d’un questionnaire permettant de ‘guider’ l’expert vers l’évaluation d’effets conjoints issus de l’interaction entre mécanismes pathogènes et résilients et sur la base des avis d'experts d’estimer les paramètres du modèle RB.

Afin de montrer l’applicabilité de nos contributions et valider les éléments associés, nous avons appliqué le nouveau modèle de barrière humaine sur une action impliquée dans la gestion d’une inondation externe d’une unité de production d’électricité d’EDF.

Jury :
- Rapporteurs : VANDERHAEGEN Frederic - UVHC Valenciennes
ZAMAI Eric - INP Grenoble
- Autres membres : Examinateurs :
ZIO Enrico - Ecole Polytechnique de Milan et Centrale Supelec
WEBER Philippe - FST
Simon Christophe - FST
DUVAL Carole - EDF R&D - Lab Paris